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Rue Jean Deraeck
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Descendant de l'église Saint-Pierre vers la rue des Bannières, la rue Jean Deraeck consistait anciennement en un petit sentier de moins de deux mètres de large nommé rue Saint-Pierre, Kravatten(s)weg ou encore Kravatten(s)block. Selon Falkenback P., 1992, p. 81, ce nom curieux rappelle peut-être le passage de soldats croates (Kroaten) lors de la bataille de Waterloo en 1815. Toutefois, Kravatten signifie cravates dans l'ancien dialecte flamand. Sur l'Atlas communal de 1808, le sentier figure bâti de seulement trois constructions. Celles-ci subsistent encore aujourd'hui, intégrées dans le tissu urbain : la cure de l'église Saint-Pierre (voir Petite rue de l'Église, no 2) et deux petites maisons ruralesDans la seconde couronne de l'agglomération bruxelloise, on rencontre çà et là des bâtiments d'architecture rurale. Il s'agit d'habitations ou d'anciennes fermes, issues de villages aujourd'hui englobés dans la ville, présentant d'ordinaire de sobres façades de briques blanchies à la chaux, sous de hautes toitures de tuiles. Les exemples les plus remarquables remontent aux XVIIe - XVIIIe siècles. (voir nos 56, 58 et 60).
Le sentier devient une rue rectiligne suite à son redressement et à son élargissement à huit mètres approuvés par le Conseil communal le 20.04.1906 puis par l'arrêté royal du 07.07.1907. Cette modification donne lieu à la démolition d'une aile de la cure du XVIIIe siècle (voir Petite rue de l'Église, no 2).
Le nom actuel de la rue est celui d'un habitant du quartier, Jean-Baptiste Deraeck, soldat victime de la guerre de 1914-1918.
L'essentiel des bâtiments de la rue consiste en de modestes maisons érigées entre 1898 et 1914. Comparée aux autres voies de la commune qui présentaient un bâti analogue, situées dans les anciens villages de Woluwe-Saint-Pierre et de Stockel ainsi qu'aux abords de la rue Kelle, la rue conserve les enfilades de petites maisons les plus homogènes. L'artère n'ayant jamais été commerçante, contrairement aux autres rues de l'ancien village, le bâti y est relativement bien conservé.![]()
Les petites maisons de la rue sont principalement de deux types : d'une part, des maisons de type ouvrier présentant, pour la plupart, une sobre façade enduiteL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc. à faux-jointsEnduit dans lequel sont tracés des sillons pour suggérer un appareil de pierre. et décor mouluré ; d'autre part, des maisons à façade à jeu de briques polychromes. Ces dernières offrent généralement un confort légèrement supérieur puisqu'elles comportent un hall d'entrée, un escalier encagé et parfois même un balcon.
Bon nombre de maisons sont bâties par paires. Les quelques noms de concepteur qui nous sont parvenus sont souvent ceux d'entrepreneurs (comme, par exemple, C. Vanschepdael aux nos 19 et 21, maisons jumellesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. de 1898), parfois d'architectes locaux (comme François Vanvlasselaer au no 44 de 1905). Certains groupes de deux constructions abritaient une petite exploitation agricole (voir nos 23-25 et 27-29).
Les six dernières maisons, situées dans le bas de la rue, datent des années 1950.
Archives
ACWSP/Urb. alignement 2 ; 19 : 1 (1898), 286 (1949) ; 21 : 1 (1898), 444 (1956) ; 44 : 222 (1905).































