Rue Antoine Bréart
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Partant de la ch. de Waterloo pour rejoindre l'av. du Mont Kemmel (déjà sur le territoire de Forest), la rue croise successivement les r. d'Albanie, de Lombardie, l'av. Jef Lambeaux, la r. Arthur Diderich et la ch. d'Alsemberg. Comme tout le quartier Sud, elle est tracée sur plan d'alignement de l'AR du 27.04.1892.
Cette rue est anc. nommée r. du Tyrol, puis rebaptisée du nom d'un des bourgmestres de Saint-Gilles. Antoine Bréart (1861-1935), qui succède à Maurice Van Meenen en 1909, reste bourgmestre jusqu'en 1929.
Le bâti, à vocation surtout résidentielle, présente divers caractères suivant les tronçons. Les deux premières parties de la rue sont essentiellement composées de maisons modestes. Les deux dern. sont édifiées plus tardivement et s'enrichissent d'un bel éventail d'immeubles à appartements, de style Beaux-ArtsStyle Beaux-Arts (de 1905 à 1930 environ). Courant architectural puisant son inspiration dans les grands styles français du XVIIIe siècle. Riche et ornementé, il se caractérise souvent par des élévations en (simili-)pierre blanche et/ou brique orangée ainsi que par l’usage du fer forgé pour les garde-corps et la porte., Art DécoStyle Art Déco (entre-deux-guerres). Tendance à la géométrisation des formes et des ornements architecturaux, doublée de jeux de matériaux, de textures et de couleurs. (No 129, 1922) et modernisteLe modernisme (à partir des années 1920) est un courant international prônant la suprématie de la fonction sur la forme. Il se caractérise par l’emploi de volumes géométriques élémentaires, de la toiture plate, des fenêtres en bandeau et des matériaux modernes comme le béton armé..
Au point de vue des façades, on y note les divers styles caractéristiques du tournant du XXe s. Des maisons d'inspiration néoclassiqueLe style néoclassique (de la fin du XVIIIe siècle à 1914 environ) est un courant architectural mû par un idéal d’ordre et de symétrie, caractérisé par des élévations enduites et blanches, uniformisant l’image de la ville. Le style connaît une grande longévité, évoluant dans ses proportions et son ornementation au cours du temps., souvent modestes, ponctuent, çà et là, la rue. C'est notamment le cas du no 3, de 1897, édifié sur la même demande que le no 291 ch. de Waterloo, du no 4, de 1896 sur les plans de l'arch. Gilion Wittebort, modifié au r.d.ch. en vitrine de pharmacie par l'arch. Paul Hamesse en 1931 et rhabillé récemment (mobilier de style néo-Renaissance flamandeLe style Renaissance flamande (XVIe s.) mêle des éléments inspirés de la Renaissance italienne à l’héritage architectural médiéval local. Le style néo-Renaissance flamande (de 1860 à 1914 environ) cherche à ressusciter cette architecture, à la faveur de l’émergence du nationalisme belge. Il se caractérise par des élévations en briques et pierres et des formes caractéristiques (pignons, tourelles, logettes). conservé), du no 6, édifié sur la même demande que le no 4 et surhaussé d'un niveau en 1936 sur les plans de l'arch. Philibert, des nos 9 et 11, édifiés resp. en 1901 et 1898, par l'entrepreneur Jean Smeesters, qui ont aujourd'hui perdu leur garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre. et leurs châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. d'origine, du no 57 (1899, entrepreneur Swaelens), déroché à l'étage, du no 103, de 1901 par l'arch. Hubert De Kock, parementéRevêtement de la face extérieure d’un mur. de briquettesLes briquettes sont des plaques de terre cuite, de faible épaisseur, imitant des briques, appliquées sur une façade pré-existante. Elles ne sont pas, en principe, utilisées pour des constructions neuves, mais plutôt pour des rénovations qui visent à donner l’aspect d’une maçonnerie de briques de parement à une façade existante., percé d'un garage en 1960 et act. réenduite, du no 118 (1898), exhaussé d'un niveau en 1927 (arch. Robert Lemaire) et percé au r.d.ch. d'une vitrine commerciale en 1932. Au no 153-155, à l'angle de la ch. d'Alsemberg no 130-132, un immeuble de rapport et de commerce d'inspiration néoclassiqueLe style néoclassique (de la fin du XVIIIe siècle à 1914 environ) est un courant architectural mû par un idéal d’ordre et de symétrie, caractérisé par des élévations enduites et blanches, uniformisant l’image de la ville. Le style connaît une grande longévité, évoluant dans ses proportions et son ornementation au cours du temps. (arch. A. Sarot, 1899) présente une élévation exhaussée d'un niveau. Son r.d.ch. a été modifié à plusieurs reprises.
Parmi les maisons les plus simples, on remarque quelques élévationsDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. de style éclectiqueStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles. à façade polychrome. Elles ont pour la plupart conservé leur décor d'origine, comme le no 2, de 1896, modifié en 1932 par le percement d'une vitrine de style Art DécoStyle Art Déco (entre-deux-guerres). Tendance à la géométrisation des formes et des ornements architecturaux, doublée de jeux de matériaux, de textures et de couleurs., le no 10, de 1898 par l'arch. Jean-Joseph De Wit, abîmé par la perte de ses châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. et de son garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre., le no 12 de 1901, le no 40 (1901), le no 61, qui conserve une belle porte architecturée sous baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie., le no 79 de 1898, banalisé par la perte de ses menuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. et de son garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre., le no 120 (1898), act. peint et surhaussé d'un niveau en 1929, le no 122, de 1898, dont la cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. a été remplacée, le no 127-127a, de 1906 (voir De Keyser, G., 1996), percé d'un garage en 1977, le no 128 de 1902 (voir De Keyser, G., 1996), qui a perdu son garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre. d'origine, et le no 149, de 1901 par l'arch. A. Sarot.
L'Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise., quant à lui, est représenté par des réalisations de qualité. Le no 81, de 1902, a malheureusement été transformé en 1960 (surhaussement, parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. de briquettesLes briquettes sont des plaques de terre cuite, de faible épaisseur, imitant des briques, appliquées sur une façade pré-existante. Elles ne sont pas, en principe, utilisées pour des constructions neuves, mais plutôt pour des rénovations qui visent à donner l’aspect d’une maçonnerie de briques de parement à une façade existante., banalisation de la forme des baies), mais conserve de magnifiques grilles en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage., typiques du courant géométrique et protégeant les fenêtres du soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. et du r.d.ch.
Des maisons ont été entièrement rhabillées et/ou surhaussées. Les nos 73 et 75, édifiés en ensemble en 1898, ont malheureusement été parementésRevêtement de la face extérieure d’un mur. de briquettesLes briquettes sont des plaques de terre cuite, de faible épaisseur, imitant des briques, appliquées sur une façade pré-existante. Elles ne sont pas, en principe, utilisées pour des constructions neuves, mais plutôt pour des rénovations qui visent à donner l’aspect d’une maçonnerie de briques de parement à une façade existante. ; garage établi au no 73 en 1968 ; le no 75, surhaussé en 1924, conserve un vitrail à motif floral. Le no 107, de 1901, est entièrement modernisé en 1960 par l'arch. F. De Jaeger. Le no 131 par l'arch. Georges Peereboom (1911), où avait vécu le peintre Pierre Paulus de Châtelet, est radicalement transformé en 1965 sur les plans de l'arch. C. Lamoral. Le no 102, de 1967 (arch. J. Mayné), est édifié en remplacement d'une maison de 1898.
En 1972, la commune projette un vaste commissariat de police au no 104, sur les plans des arch. Monique Bertrand et Jacques Goossens-Bara en remplacement de la maison-atelier de Jef Lambeaux, conçue par l'arch. Jean De Blois (1900). Au no 108, à l'angle de la r. Arthur Diderich (No 32-34) sur parcelle traversante avec l'av. Ducpétiaux (No 135), l'arch. Gustave Pappaert conçoit les plans du « Home des Tilleuls » (1956) édifié en remplacement de l'Hospice Jourdan (1891-1959).
ACSG/Urb. 2 : 391 (1896), 337 (1936) ; 4-6 : 524 (1896) ; 4 : 232 (1931) ; 6 : 107 (1936) ; 9 : 2393 (1901) ; 10 : 1229 (1898) ; 11 : 1167 (1898) ; 12 : 83 (1901) ; 40 : 216 (1901) ; 57 : 1609 (1899) ; 61 : 2191 (1900) ; 73-75 : 1218 (1898) ; 73 : 27 (1968) ; 75 : 153 (1924) ; 79 : 1182 (1898) ; 81 : 122 (1902), 74 (1960) ; 102 : 1409 (1898), 25 (1967) ; 103 : 319 (1901), 25 (1960) ; 109 : 125 (1901) ; 118 : 1530 (1898), 353 (1927), 264 (1932) ; 120 : 1533 (1898), 295 (1929) ; 122 : 1133 (1898) ; 127 : 26 (1977) ; 131 : 311 (1911), 43 (1965) ; 149 : 162 (1901) ; 153-155 : ch. d'Alsemberg no 130-132 : 1569 (1899).
ACSG/TP fonds non classé.
EYLENBOSCH, A., LEBRUN, G., Dictionnaire raisonné des rues de Saint-Gilles, Les Rencontres Saint-Gilloises, Bruxelles, 1989, pp. 61-62.
VAN SANTVOORT, L., Het 19de-eeuwse kunstenaarsatelier in Brussel (doctoraal proefschrift, sectie Kunstwetenschappen en Archeologie) VUB, Bruxelles, 1995-1996.
Divers
Collection de Dexia Banque.
