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Rue du Trône, vers 1900 (Collection de cartes postales Dexia Banque).
Ixelles

Rue du Trône

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Débutant sur le territoire de la ville de Bruxelles (n°1 et nos2 à 32), la rue du Trône relie l'avenue Marnix à la place Raymond Blyckaerts selon un tracé rectiligne. Prolongée par l'avenue de la Couronne, elle constitue un des principaux axes nord-sud de la commune d'Ixelles où elle croise la rue de Paris, la chaussée de Wavre et la rue du Viaduc. Les rues Caroly, d'Idalie et du Sceptre y débutent.

Le premier tronçon de la rue du Trône –situé entre l'avenue Marnix et la chaussée de Wavre– est compris dans le Plan général du Quartier Léopold, tracé par l'architecte T.F. Suys et approuvé par l'arrêté royal du 01.10.1838. L'arrêté royal du 07.07.1847 approuve ensuite sa prolongation jusqu'à la place Blyckaerts. Quelques années plus tard, l'arrêté daté du 05.08.1862 confirme l'établissement d'un nouveau quartier sur ce dernier tronçon et celui du 11.05.1864 son élargissement. Enfin, l'arrêté royal du 21.10.1871 autorise le prolongement de la rue du Trône jusqu'au «boulevard projeté entre les routes de Bruxelles à Wavre et de Bruxelles à Charleroi» –ce prolongement deviendra l'avenue de la Couronne– et la déclare «grande voirie». De ce fait, les travaux seront achevés par l'État.

La rue du Trône était autrefois appelée rue de Paris, puis rue des Palais. Son nom définitif fait probablement allusion à la place du Trône aménagée à son point de départ sur le territoire de Bruxelles.

La rue du Trône se bâtit en deux phases bien distinctes. La première, de 1839 à environ 1865, concerne le premier tronçon de la rue, jusqu'à son intersection avec la chaussée de Wavre. La seconde, de 1865 à 1880, correspond au tronçon s'étendant jusqu'à la place Blyckaerts.

Rue du Trône (Collection de cartes postales Dexia Banque).

Du bâti primitif du premier tronçon, il ne subsiste aujourd'hui que le côté impair, lui-même fortement modifié. En effet, le côté pair a été totalement démoli afin de faire place notamment à un bâtiment de la Commission européenne (la Direction générale de la recherche) ainsi qu'à des complexes d'immeubles de bureaux et à appartements. C'est la grande taille des îlots qui a particulièrement attiré les promoteurs immobiliers de ce côté de la rue. Le bâti d'origine devait consister en des enfilades de maisons bourgeoises dans le style néoclassiqueLe style néoclassique (de la fin du XVIIIe siècle à 1914 environ) est un courant architectural mû par un idéal d’ordre et de symétrie, caractérisé par des élévations enduites et blanches, uniformisant l’image de la ville. Le style connaît une grande longévité, évoluant dans ses proportions et son ornementation au cours du temps. le plus simple, de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré.. Il en subsiste quelques exemples dans le bâti du côté impair: les enfilades d'immeubles de style néoclassiqueLe style néoclassique (de la fin du XVIIIe siècle à 1914 environ) est un courant architectural mû par un idéal d’ordre et de symétrie, caractérisé par des élévations enduites et blanches, uniformisant l’image de la ville. Le style connaît une grande longévité, évoluant dans ses proportions et son ornementation au cours du temps. allant du n°43 au n°47, du n°53 au n°65 et du n°87 au n°91 (voir ces numéros). Un grand nombre de ces immeubles ont été modifiés afin d'y aménager des rez-de-chaussée commerciaux ou de les agrandir (surhausse, lucarnes). Après 1850, sont également bâtis, toujours dans le style néoclassiqueLe style néoclassique (de la fin du XVIIIe siècle à 1914 environ) est un courant architectural mû par un idéal d’ordre et de symétrie, caractérisé par des élévations enduites et blanches, uniformisant l’image de la ville. Le style connaît une grande longévité, évoluant dans ses proportions et son ornementation au cours du temps., des hôtels de maître dont ne subsistent que deux exemples sur ce tronçon: les nos117 et 119, de 1860 (voir ces numéros). On remarquera tout particulièrement l'unique bien classé de la rue de Trône: l'immeuble de l'ancienne poissonnerie du quartier Léopold, avec son exceptionnelle devanture Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise. (1905).

Le second tronçon, décrété dès 1847 mais dont l'alignement n'est définitivement arrêté qu'en 1864, connaît une phase intense de construction dans les années 1866 à 1868 (plus de trente demandes de permis de bâtir conservées aux archives communales). La présence de maisons bourgeoises de style néoclassiqueLe style néoclassique (de la fin du XVIIIe siècle à 1914 environ) est un courant architectural mû par un idéal d’ordre et de symétrie, caractérisé par des élévations enduites et blanches, uniformisant l’image de la ville. Le style connaît une grande longévité, évoluant dans ses proportions et son ornementation au cours du temps. domine encore mais ces dernières arborent de riches décors tels que des refendsLe refend est un canal dans un parement, accusant ou simulant le tracé de joints d'un appareil à bossages., des colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne., des guirlandesLa guirlande est un décor figurant un cordon de fleurs, feuilles ou fruits., des frontons… De grandes enfilades sont encore conservées: du n°151 au n°161, du n°213 au n°225 et du n°188 au n°206 (voir ces numéros). On remarque également le grand ensemble à l'angle de la rue du Viaduc, au n°176-178, aujourd'hui fortement défiguré mais conservant néanmoins quelques châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. et barres d'appuiPetit garde-corps de faible hauteur et non saillant, compris dans l’embrasure d’une fenêtre. en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux.. Les riches hôtels de maître se démultiplient: le n°152-154 (1874), dont le rez-de-chaussée a malheureusement été fortement modifié, le n°160 de l'architecte Eugène Flanneau (voir ce numéro), le n°205 de l'architecte Marquet (voir ce numéro) et les nos216 et 218 par l'architecte Louis De Curte (voir ce numéro). Ces derniers hôtels formaient à l'origine, avec les nos214 (rehaussé afin de le transformer en immeuble à appartements en 1936) et 220 (également rehaussé aux mêmes fins en 1932), une enfilade d'hôtels de maître bâtis en 1868. L'aspect d'origine de ce tronçon devait être très différent de celui du premier tronçon: plus riche et plus orné, il était extrêmement bourgeois.

Rue du Trône 152-154, élévation, ACI/Urb. 291-152-154 (1874).

Dès les années 1880 s'opèrent plusieurs destructions et reconstructions –tel que l'immeuble de rapport au n°51 (voir ce numéro). Ces démolitions se poursuivent durant tout le XXe siècle où on assiste à l'érection des immeubles à appartements à rez-de-chaussée commercial de style modernisteLe modernisme (à partir des années 1920) est un courant international prônant la suprématie de la fonction sur la forme. Il se caractérise par l’emploi de volumes géométriques élémentaires, de la toiture plate, des fenêtres en bandeau et des matériaux modernes comme le béton armé. sis aux nos141 (1954) et 211 (1958). Le n°141 affiche un travail intéressant dans la disposition des fenêtres en bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. ainsi que deux parementsRevêtement de la face extérieure d’un mur. différents séparant commerce et habitations.

Archives
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/TP. 22; 291.
ACI/Urb. 152-154: 291-152-154; 214: 291-214; 220: 291-220; 141: 291-141; 211: 291-211.

Ouvrages
GONTHIER, A., Histoire d'Ixelles, Le Folklore Brabançon, Impr. De Smedt, Bruxelles, 1960, p.216.
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, pp.53, 99-100.
LE ROY, P., Monographie de la commune d'Ixelles, Imprimerie Générale, Bruxelles, 1885, pp.210-212.

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