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Rue Washington, côté impair entre le square H. Michaux et la place A. Leemans (photo 2008).
Ixelles

Rue Washington

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Cette notice concerne la partie de la voirie située sur Ixelles. Consulter la notice de la partie de voirie sur Bruxelles Extension Sud.


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Partagée entre les territoires de Bruxelles et d'Ixelles, la rue Washington, anciennement appelée rue de la Liberté, débute à hauteur du carrefour qu'elle forme avec les rues du Châtelain et de Livourne et aboutit, sur Ixelles, à la chaussée de Waterloo. Cette artère rectiligne est marquée en son milieu par la place Albert Leemans.

Cette voirie est tracée selon le plan de l'inspecteur-voyer Victor Besme et l'arrêté royal du 20.02.1864 qui fixe le Plan général d'alignement pour l'ouverture des rues et places sur le territoire compris entre l'avenue du Bois de la Cambre et les chaussées de Waterloo et de Charleroi, soit le quartier dit Ten Bosch. Le tracé de la rue est rectifié par l'arrêté royal du 26.02.1868 et ensuite élargi par l'arrêté royal du 23.07.1903.

La rue Washington est ouverte sur le tracé de l'ancienne Messiere straet et, au-delà de l'actuelle place Albert Leemans, elle reprend partiellement celui de l'ancien chemin de Tenbosch aussi dénommé Ruizers straet (voir plan de P. C. Popp, 1858).

Les premières constructions de la rue sont érigées entre la rue du Châtelain et la place Albert Leemans durant la dernière décennie du XIXe siècle. Elles sont plus modestes que les immeubles érigés aux abords de la place et le long des derniers tronçons de l'artère qui consistent essentiellement en des maisons bourgeoises et des hôtels particuliers édifiés autour de 1920.

Rue Washington, carte postale du pensionnat pour jeunes filles (Collection de Dexia Banque).

Les immeubles qui bordent l'artère offrent un bel éventail de différentes tendances stylistiques. On y trouve quelques immeubles néoclassiquesLe style néoclassique (de la fin du XVIIIe siècle à 1914 environ) est un courant architectural mû par un idéal d’ordre et de symétrie, caractérisé par des élévations enduites et blanches, uniformisant l’image de la ville. Le style connaît une grande longévité, évoluant dans ses proportions et son ornementation au cours du temps. (comme aux nos 48, 86, 88 (1887) et au no 154-158, un immeuble d'angle à appartements et rez-de-chaussée commercial de l'architecte Fernand Symons, 1907) mais surtout des constructions éclectiquesStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles.. Ce style s'illustre notamment avec plusieurs enfilades dont celle formée par les nos 51a (à l'angle de la rue A. Van Campenhout no 67 et conservant une marquiseAuvent métallique vitré. reposant sur quatre consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. ouvragées), 53, 55 et rue Armand Van Campenhout no 65 ; celle formée des nos 56, 58, 60 datant du dernier quart du XIXe siècle ; trois maisons sises aux nos 130, 132 et 134 par l'architecte Raymond Dronkers (1910) ; on citera également un ensemble dû à l'architecte Raymond Dronkers (1913) aux nos 63 et 65, ce dernier ayant subi de profondes transformations ; un hôtel particulier de l'architecte Jules Ansiaux au no 111-113 (1909), dont la façade réenduite a été transformée à l'étage ; un ensemble de trois maisons de commerce aux nos 148 à 152 par l'architecte William Decroué (1908) ; le no 169 ; l'enfilade d'immeubles allant du no 135 au no 149 conçue par l'architecte Jean Dierickx (1907) à la demande du menuisier et entrepreneur Édouard Fadeur, tous deux à l'origine de plusieurs enfilades de maisons éclectiquesStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles. rues du Prévôt, des Mélèzes et Renier Chalon. Se distinguent également quelques immeuble de style Beaux-ArtsStyle Beaux-Arts (de 1905 à 1930 environ). Courant architectural puisant son inspiration dans les grands styles français du XVIIIe siècle. Riche et ornementé, il se caractérise souvent par des élévations en (simili-)pierre blanche et/ou brique orangée ainsi que par l’usage du fer forgé pour les garde-corps et la porte. (voir nos 35, 37 et nos 136, 138, 140, 142 et 144 ; no 198 : architecte Éd. Keyaerts, 1926) et de style modernisteLe modernisme (à partir des années 1920) est un courant international prônant la suprématie de la fonction sur la forme. Il se caractérise par l’emploi de volumes géométriques élémentaires, de la toiture plate, des fenêtres en bandeau et des matériaux modernes comme le béton armé. (voir nos 40 et 186-196).

La rue est également bordée de quelques immeubles remarquables tel l'hôtel particulier et ses dépendances édifiés pour le comte de Mérode (voir no 180-184) et l'hôtel particulier conçu par l'architecte Alban Chambon en 1910 (voir no 37).

Rue Washington 28 et 30, atelier et demeure de l’artiste Félix Rodberg, conçu par architecte Henri Van Dievoet, 1889 (<i>L'Émulation</i>, 1893, pl. 11).

Quelques ateliers d'artistes jalonnent aussi la rue (voir nos 36 et 64), parmi lesquels l'atelier de style néo-grec de l'artiste Félix Rodberg (no 28), attenant à son ancienne demeure, par l'architecte Henri Van Dievoet (1889). Il a subi de nombreuses transformations : la façade a été refaite et enduite ; l'étage, aveugleUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre., était orné de trois panneauxLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris. décorés de sgraffitesTechnique de décoration murale consistant à recouvrir d’une mince couche d’enduit clair une première couche de ton sombre. Un dessin est ensuite créé en grattant partiellement l’enduit clair, alors qu’il est encore frais, pour mettre à jour l’enduit foncé sous-jacent. Les traits des dessins apparaissent ainsi en creux et en foncé. En outre, la couche d’enduit clair peut être mise en couleur. représentant trois figures ailées portant les inscriptions « peinture », « sculpture » et « architecture ». L'atelier était éclairé par une fenêtre percée dans le toit et par une fenêtre latérale s'ouvrant sur un petit jardin aujourd'hui disparu. Plusieurs artistes occupèrent l'atelier : le peintre réaliste de paysages et de marines Louis Artan de Saint-Martin (1837-1890) vers 1893, puis, vers 1897, Hyppolite Wulffaert (1840-vers 1875), peintre de scènes historiques et religieuses, et enfin le sculpteur et médailleur Armand Bonnetain (1883-1973) en 1914.

En 1896, une église de style gothiqueLe style néogothique (à partir de 1860 environ) est une tendance architecturale mettant à l’honneur les formes ogivales et verticales issues du moyen-âge gothique. Le style néo-Tudor s’inspire plus particulièrement du style gothique teinté de Renaissance qui fleurit en Angleterre sous le règne des Tudors. est construite au no 27-29 (ancien no 25), sur le terrain contigu à la chapelle existante. L'église et le couvent sont démolis en 1989 pour laisser place, en fond de parcelle, à un espace de culte comprenant une nouvelle église et un nouveau couvent destinés aux frères jésuites. Les deux immeubles à appartements que l'on fit construire en même temps à front de rue altèrent la physionomie d'origine et rompent l'harmonie des gabarits anciens de la rue.
Notons aussi la démolition, au no 34, d'une maison d'inspiration Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise. par l'architecte Ernest Blérot (1897) pour y construire un immeuble commercial et résidentiel.

Archives
ACI/TP Historique des rues (1925) ; ACI/TP 1.
AVB/TP : voirie : 28927 (1871).
AVB/ PP : 1562 (1872).
ACI/Urb. 27-29 : 314-25 ; 28 : 314-28 ; 29 : 314-29, 314-29-33, 314-31 ; 34 : 314-34 ; 314-32-34 ; 48 : 314-48 ; 55 : 314-55 ; 63, 65 : 314-65 ; 86, 88 : 314-88 ; 111-113 : 314-113 ; 130 à 134 : 314-130-134 ; 135, 137 : 314-135-137 ; 139 : 314-139 ; 141 : 314-141 ; 143 : 314-143 ; 149 : 314-149 ; 150 : 314-150, 314-152-152a ; 154-158 : 229-63-65, 314-148-148a ; 198 : 314-198.

Ouvrages
VAN SANTVOORT, L., Het 19de-eeuwse kunstenaarsatelier in Brussel (thèse de doctorat en histoire de l'art et archéologie), VUB, Brussel, 1995-1996, 1889/1.

Périodiques
VAN DIEVOET, H., « Atelier d'artiste, r. Washington à Bruxelles (1889) », L'émulation, 12, 1893, pl. 11-12.

Cartes / plans
POPP, P. C., Atlas cadastral de Belgique, Plan parcellaire de la commune d'Ixelles avec les mutations, Bruxelles, 1860.
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Abréviations | Recherches et rédaction : .
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