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Rue Lesbroussart
Cette notice concerne la partie de la voirie située sur Ixelles. Consulter la notice de la partie de voirie sur Bruxelles Extension Sud.
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Partagée entre les territoires d'Ixelles et de Bruxelles, la rue Lesbroussart relie selon un tracé rectiligne la place Flagey à l'avenue Louise. Sur ce parcours, elle croise de nombreuses voies: la chaussée de Vleurgat, les rues Gachard, Van Elewyck, Dautzenberg, Charles Decoster, de Hennin, Paul Spaak et Lens. La plupart de son bâti se situe sur la commune d'Ixelles (du n°1 au n°119 et du n°2 au n°124).
La rue Lesbroussart – ainsi que les rues Gachard, Lens et Dautzenberg – se situe sur l'emplacement de l'ancien manoir de l'Ermitage dont les bâtiments, l'étang et les terres disparurent vers le milieu du XIXe siècle.
Elle fait partie des rues ouvertes dans le cadre du Plan d'ouverture de plusieurs rues dans le quartier de l'Ermitage entre l'avenue du Bois de la Cambre et les chaussées de Vleurgat et d'Ixelles, fixé par l'arrêté du 11.11.1863, qui modifie et/ou confirme le tracé des rues prévues en 1846 (arrêté royal du 27.04) sur les plans de Victor Besme. La rue est créée en 1865 au prix de terrassements considérables pour relier le bas-Ixelles à l'avenue Louise.
La ligne de tram 81 sillonne la rue Lesbroussart depuis 1914.
La rue reçoit son nom en souvenir de Jean-Baptiste Lesbroussart (Gand, 1781-Ixelles, 1855), homme de lettres, journaliste et professeur à l'Université de Liège.![]()
La rue Lesbroussart se bâtit entre 1866 et 1910. Au début du XXe siècle, pratiquement toutes les parcelles sont occupées.
L'aspect d'origine devait être très homogène: enfilades de maisons bourgeoises de style néoclassiqueLe style néoclassique (de la fin du XVIIIe siècle à 1914 environ) est un courant architectural mû par un idéal d’ordre et de symétrie, caractérisé par des élévations enduites et blanches, uniformisant l’image de la ville. Le style connaît une grande longévité, évoluant dans ses proportions et son ornementation au cours du temps., de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré. malheureusement fortement transformées aujourd'hui. Il en subsiste néanmoins quelques exemples bien conservés (voir n°15, n°19, du n°24 au n°28, l'ensemble des nos40 et 42 et le n°83 de l'architecte Florentin Flamand en 1885). Parmi celles-ci, on remarque le n°120 qui témoigne d'un remploi d'un tour de porte du XVIIIe siècle. Les parcelles restantes étant plus étroites, ce sont des maisons de composition asymétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition asymétrique lorsqu’elle compte deux travées inégales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux. La travée principale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré. Les caves, d’ordinaire à demi enterrées, se marquent en façade par un soubassement élevé. qui sont ensuite construites, telle l'enfilade allant du n°101 au n°105.
Vers la fin du XIXe siècle, les parcelles encore inoccupées sont construites de bâtiments de style éclectiqueStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles. aux proportions moins stéréotypées. Remarquons notamment la belle enfilade de maisons bourgeoises de style éclectiqueStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles. allant du n°74 au n°88 ou encore les nos41 et 41a (1899), le n°71 (1886), le n°73 – décoré de sgraffitesTechnique de décoration murale consistant à recouvrir d’une mince couche d’enduit clair une première couche de ton sombre. Un dessin est ensuite créé en grattant partiellement l’enduit clair, alors qu’il est encore frais, pour mettre à jour l’enduit foncé sous-jacent. Les traits des dessins apparaissent ainsi en creux et en foncé. En outre, la couche d’enduit clair peut être mise en couleur. (1900) et le n°77 (1900). Parmi celles-ci notons le n°114, petite maison d'inspiration pittoresqueLe style cottage (de la fin du XIXe au milieu du XXe s.) s’inspire de l’architecture rurale, et particulièrement des « cottages » anglais. Il se caractérise par l’emploi d’éléments de bois ou de faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes, etc. Des formes pittoresques, particulièrement celles des toitures, enrichissent les volumes. de deux niveaux sous toiture mansardéeUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson. percée d'une lucarne passanteUne lucarne est dite passante lorsqu'elle est située dans le plan de la façade et interrompt la corniche ou l’entablement terminal du bâtiment. à fermeLa ferme est un assemblage de pièces généralement en forme de triangle, situé dans un plan perpendiculaire à celui des versants du toit, et constituant l’ossature de la charpente. La fermette est une ferme de petite dimension. apparente flanquée de deux petites lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.. Cette maison est datée par les ancresPièce métallique apparente ou noyée dans l’enduit de façade, fixée à l’extrémité d’un tirant en fer pour solidariser les murs et les planchers. Il existe des ancres purement décoratives, non reliées à des tirants. «1889». En 1905, Alban Chambon y construit une annexe.
Le n°59 était l'atelier et le commerce du sculpteur Verfaille. Il a été construit par Paul Hankar en 1899. On y remarque tout particulièrement les archivoltesMouluration disposée sur le front de l’arc. Le corps de moulures qui compose l’archivolte est de faible ampleur, moins complexe que celui de la corniche. à la ligne Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise.. L'atelier se trouvait à l'arrière de la maison et s'ouvrait sur la rue Charles Decoster (au n°4). Le même sculpteur fera ensuite bâtir l'angle avec cette même rue (n°57).
Les premiers immeubles à rez-de-chaussée commercial sont construits vers 1890-1900 (voir le n°31-33-35 et le n°62). Très rapidement, les façades des maisons plus anciennes vont être percées de vitrines commerciales qui connaîtront de nombreuses transformations au fil des modes.![]()
Au n°32 rue Lesbroussart – n°2-4 rue Gachard, s'élève le seul immeuble à appartements à rez-de-chaussée commercial de style Art DécoStyle Art Déco (entre-deux-guerres). Tendance à la géométrisation des formes et des ornements architecturaux, doublée de jeux de matériaux, de textures et de couleurs. de toute la rue. Construit en 1927 sur une parcelle auparavant occupée par un garage de réparation automobile, il a une élévation de sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sur cinq niveaux en briques rouges rehaussée d'éléments en pierre blanche.
Seul exemple modernisteLe modernisme (à partir des années 1920) est un courant international prônant la suprématie de la fonction sur la forme. Il se caractérise par l’emploi de volumes géométriques élémentaires, de la toiture plate, des fenêtres en bandeau et des matériaux modernes comme le béton armé. de la rue, on notera l'immeuble à appartements du n°124, résultant de la transformation radicale en 1965 (architecte Roger De Boeck) d'une maison de style éclectiqueStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles. datant vraisemblablement de la fin du XIXe siècle.
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/TP 200; 65; 123; 116.
ACI/TP Q14 Quartier de l'Ermitage (boîte n°37).
ACI/Urb. 32: 200-32/141-2-4; 40: 200-40; 42: 200-42; 41, 41a: 200-41-41a; 59: 200-59; 71:200-71; 77: 200-77; 83: 200-83; 103:200-103; 105: 200-105; 114: 200-114; 120: 200-120; 124: 200-124.
AEBa Gouvernement provincial du Brabant, Service 12, 744.
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, II, 1866, p. 598.
Ouvrages
BOVY, P., Vers l'Ermitage, À la découverte de l'histoire d'Ixelles, vol. 9, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 2002, p. 33.
DUQUENNE, X., L'avenue Louise à Bruxelles, Xavier Duquenne éd., Bruxelles, 2007, pp.20, 120.
GONTHIER, A., Histoire d'Ixelles, Le Folklore Brabançon, Impr. De Smedt, Bruxelles, 1960, pp.138-140, 144-146, 217.
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., et al., Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles:15 Ixelles, Bruxelles, 2005, pp.66, 67.
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles – Ixelles, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiche no42.
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, pp.75-80.
Histoire des transports publics à Bruxelles, Tome 1 «La belle époque» STIB, Bruxelles, 1976, p.267.
LE ROY, P., Monographie de la commune d'Ixelles, Imprimerie Générale, Bruxelles, 1885, pp.272-274, 426-427.
Périodiques
HAINAUT, M., «Une rue d'Ixelles porte leur nom», Mémoire d'Ixelles, 29, 1988, p.19.

























